SPINNING ET TOCS CHEZ LE BULL TERRIER MINIATURE ET STANDARD

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 portrait d'un spinner

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Sylvie
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Date d'inscription : 24/04/2008

MessageSujet: portrait d'un spinner   Lun 12 Mai - 14:44

Voici un cas de spinning ...
Tous les cas de spinning ne se ressemblent pas : certains bull tournent simplement après leur queue certains jusquà l'épuisement total comme dans cet article alors que pour d'autres le spinning sera associé à de l'agressivité , à des hallucinations auditives et visuelles , à des tocs etc...



Portrait d’un Spinner
Extrait du Bull Terrier Quarterly, Automne 1986, pp 9-11, Copyright Jo Turley 1986-2004.
Ceci est la courte et triste histoire de Bulwark’s Melodrama, notre star montante qui nous a quitté. Ceci décrit ce que c’était que de vivre avec lui, ce que c’était que de le regarder mourir. Ceux qui pensent que les chiens ne naissent pas « spinners » peuvent me dire où les choses ont mal tourné, et comment nous aurions pu le sauver, parce qu’il était fabuleux et incroyablement beau et que nous aurions pu faire avant qu’il ne perde l’essence même du caractère du bull terrier, je souhaite avoir su quoi faire. Un bébé « spinner » commence par pourchasser sa queue (c’est marrant et excitant), mais pas autant que de jouer avec la meute, ou de chasser les oies. Il le fait lorsqu’il apprend comment faire son terrier, ou si on le laisse dehors par un jour de pluie. Parfois il le fait dû à l’excitation d’un jour venteux ou lorsque c’est l’heure du repas ou qu’il est impatient. Il ne le fait pas dans la voiture, ni dans la baignoire et encore moins au dépend de son sommeil… du moins au début.
Mello était l’un des 9 chiots d’une portée issue étroitement de la même lignée sans aucun inbreeding (sur les 3 générations précédentes). La portée était prévue pour accroître la traçabilité de certains gènes issus de quelques lignées anglaises (qui remontaient toutes à Badlesmere Bonaparte). Sur le papier ça avait l’air parfait et à 12 semaines les chiots étaient plus que prometteurs. Au moment de leur départ, seul un chiot montrait des signes de « spinning », et il avait toujours été marrant, il était le seul de la portée à être né naturellement, et l’avorton pleins d’initiatives. Ici les chiots ne partent pas très jeune, à 10 semaines nous laissons nos chiots partir et certains des plus prometteurs rejoignent des foyers désirant des chiens d’expo. Mello est parti à 11 semaines (un chiot excessivement placide qui devait s’accommoder d’une femelle bull et d’un couple travaillant en contre postes). J’aurais souvent de ses nouvelles par ses propriétaires qui viendraient nous rendre visite souvent. Il devint de mieux en mieux et continua de rester le calme et doux chien que tout le monde aimait.
Au moment où la portée avait 4 mois nous savions que nous avions 2 « spinners » et probablement un 3ème. Les propriétaires de Mello ne pensait pas le « spinning » occasionnel de Mello était assez grave pour nous être rapporté ; il serait le 4ème. Ceci est l’histoire de Mello, car comme je l’ai dit précédemment, il était notre étoile montante, et c’est lui qui en mourut.
Lorsque Mello a eu 5 mois je suis allée le voir pour le préparer à son premier show. Vous connaissez sans doute la photo de face de Jacobinia que l’on retrouve sur la couverture du livre de Tom Horner « All About the Bull Terrier » ; Mello était un bébé Jacobinia. Il était court et profond et large. Il avait un profile qui m’a fait moi, habituée des superbes profiles, y regarder à 2 fois. Il avait une ossature massive, une machoire parfaite, des yeux noirs et petits, des oreilles correctes. Il avait des pattes étranges. « Oh » m’ont dit ses propriétaires, « C’est parce qu’il chasse sa queue, il le fait tout le temps ».
J’ai pris Mello un mois à la maison pour le préparer et l’emmener dans les cours de Handling. Ses propriétaires étaient en plein déménagement, cela prendrait du temps avant que leur clôture ne soit installée. Mello a réintégré notre famille. Il passait la plus grande partie de sa journée au paddock avec sa sœur de portée, les deux venaient en ballade avec moi dans les pâtures des chevaux, jouaient avec les chèvres. L’après-midi mon promeneur l’emmenait pour une ballade en laisse d’un mile. La nuit il était dans un boxe de 8x4 dans la maison, à côté de sa soeur. Ses journées étaient longues et bien remplies. Une fois par semaine il allait au cours de handling où ses manières douces en ont fait un très bon élève parmi les autres terriers et leurs propriétaires.
A son premier show il a obtenu la réserve derrière un de nos champions. Mais je pouvais dire que ce n’était qu’une question de temps avant que notre champion soit éclipsé par cette jeune étoile. Après le show on a travaillé encore plus, il était toujours un chiot doux et simple.
Entre temps j’avais remarqué que son « spinning » était devenu une habitude. Le matin son boxe était tout retourné et il n’était pas très alerte. Il avait du se pourchasser la queue la nuit pendant plusieurs heures. J’ai décidé de le mettre en cage et je savais qu’en lui mettant un collier à grelots, le bruit lors de ses tournoiements dérangerait les autres chiens, ils aboieraient et je pourrais ainsi descendre et l’arrêter. J’ai eu de nombreuses nuits sans sommeil. J’ai augmenté ses sorties avec sa sœur et rallongé ses ballades. Comme cela n’a jamais été un chien très actif, il était visiblement fatigué le soir mais continuait tout de même le « spinning ». Hormis le fait qu’il avait de nouveau des pattes bizarres, je ne pouvais pas dire qu’il y avait beaucoup de dommages de faits et j’espérais que ça lui passerait. Il avait alors 7 mois. Quelques demandes de saillies commençaient à arriver.
C’était le début du printemps, les chiots pouvaient passer plus de temps dehors, et je suis souvent restée là longtemps à les observer jouer. C’est là que j’ai remarqué que Mello ne jouait plus. Lorsque je sortais la sœur de Mello dans la cour, il pleurait jusqu’à ce que lui aussi puisse sortir. Il commençait le « spinning » avant même que ses pattes arrière aient passé la porte. De temps en temps il stoppait et jouait avec sa sœur, une course effrénée avec l’un ou l’autre en possession d’une gamelle en plastic vide. Puis à moment donné, il déconnectait, commençait à pourchasser sa queue et restait là faisant du « spinning » pendant plusieurs heures à moins qu’il ne puisse plus physiquement poursuivre. Nous tous nous laissions tout tomber et nous dépêchions d’intervenir. Une fois arrêté, Mello était très confus. Dès que nous tournions le dos, il recommençait. Il ne le faisait pas frénétiquement et pouvait tourner dans les 2 sens. Il arrachait quelques poils de sa queue. Si je ne l’arrêtais pas au bout d’un moment, ses tournoiements ralentissaient et se transformaient en spirales hypnotiques jusqu’à ce qu’il tombe dans un coin de la cour/ du champs/ du paddock, peu importe où il se trouvait.
J’ai arrêté de le laisser sortir avec sa sœur. Il ne sortait plus qu’en laisse. J’ai vidé ses glandes anales, je l’ai vermifugé, nettoyé les oreilles, soigné sa tâche sans poils sur sa queue. Le vétérinaire a refait exactement la même chose, puis il a testé son audition. Aucun problème, d’un point de vue santé. Le vétérinaire a rapproché cette habitude au syndrome de la mouche des papillons. Il pensait que c’était dû à une lésion cérébrale. Les lésions ne sont pas toujours figées, parfois elles grandissent. Il a suggéré une cure d’antispasmodiques ainsi que la collerette. On a essayé les deux, sans résultats permanents. La collerette lui faisait peur, Les drogues l’ont assommé, lorsqu’il tournait il tombait souvent. Ses pattes avant développaient des muscles à des endroits inhabituels, ses orteils étaient vrillés et son arrière train abaissé.
Entre temps il avait commencé un programme de modification du comportement, pratiquement tout le temps en laisse, au pied. Lorsqu’il devait être mis en cage, j’attachais sa tête à la porte avec un peu de mou. Quelque part nous limitions ses actions, à grandes dépenses : les médicaments étaient très coûteux, le temps que nous passions à nous occuper de lui nous épuisait. Le chiot était beaucoup plus restreint que ce que je pouvais supporter. J’ai pensé qu’il devenait de plus en plus absent. Je l’ai renvoyé chez ses propriétaires ainsi que les médicaments, la routine et les problèmes. Après un mois chez lui, j’ai entendu que Mello était sous contrôle. Ces phases étaient très épisodiques et il était de nouveau conscient des choses. Ils avaient arrêté les médicaments et des rappels à l’ordre suffisaient à le stopper. Etait-il possible qu’il revienne chez nous, le temps qu’ils se marient et aillent en voyage de noces ? Il avait 9 mois.
Mello est arrivé dans un état propre. On voyait juste encore quelques taches roses où il n’avait plus de poils. Il avait une blessure sur la hanche qui suintait un peu. Sa queue était presque chauve et le bout à nu. Il pourchassait sa queue dans sa cage et tournait beaucoup pour faire son nid. Il était vrai que lorsqu’il lui criait dessus, il s’arrêtait. Lorsqu’ils dormaient ou s’absentaient, il n’y avait personne pour le rappeler à l’ordre ou le distraire avec de la nourriture. Nous l’avons mis dans le grand paddock et l’avons observé. J’ai remarqué qu’il avait perdu du poids. Après avoir fait le tour du propriétaire et levé la patte, Mello a commencé son « spinning ». Ses propriétaires lui ont crié « NON ! » et il s’est arrêté pour les regarder avant que le « spinning » ne reprenne le dessus. Nous avons tous regardé en silence. Plusieurs chiens à côté ont également regardé. L’âne a regardé. Mello a continue de valsé, inconscient du reste. J’ai raccompagné ses propriétaires à l’intérieur et nous avons eu une conversation sérieuse. Il n’était plus question de le faire reproduire. Il n’était plus question de shows. Je n’ai mis aucun espoir dans la stérilisation. Je ferias ce que je pourrais en attendant leur retour de lune de miel, alors il pourrait dire au revoir à leur chien qui avait déjà virtuellement cessé d’exister. Ils étaient d’accord. Dans l’intervalle j’ai essayé des solutions plutôt étranges, je n’avais plus rien à perdre et il était difficile de simplement le laisser continuer avec ses danses solitaires et destructives.
Le premier après-midi je l’ai mis avec notre femelle Golden Retriever excentrique. Elle ne supportait pas les imbécillités, les jeunes mâles insupportables, les chiots trop démonstratifs. Ils ont reçu quelques leçons d’elle et en sont ressortis plus sages, avec quelques bonnes manières. Elle a fait la fête un instant à Mello, il l’a reniflée, émis un « Hi ! » mais ensuite il s’est mis à tourner. Le Golden Retriever l’a secoué et lui a montré les dents. Il a baissé la tête, s’est mis dans le coin arrière et a repris ses mouvements. Elle s’est alors précipité sur lui mais il n’y a même pas fait attention. Lorsqu’elle le frappait fortement, il tombait, se relevait, tout sale et continuait ailleurs. La golden est allée se coucher. J’ai appelé Mello mais il ne s’est pas arrêté. J’ai crié, cogné la gamelle de flotte sur le toit du chenil, jeter la laisse sur le sol, il n’arrêtait pas. Je suis allée vers lui et il a essayé, pendant qu’il tournait, de m’échapper. Lorsque je l’ai attrapé et mis en laisse, il s’est assis et m’a regardé comme s’il souriait d’un sourire idiot. Il ne secouait plus du tout la queue, ne faisait plus la fête aux visiteurs ou faisait des léchouilles. Il était dans un état léthargique, et se blessait sans s’en rendre compte.
Cette nuit là j’ai eu une autre idée : sa sœur était en chaleur. Je verrais ainsi si un instinct très basique prendrait le dessus. Ce ne fut pas le cas, il aimait son odeur, mais ne s’en occupait pas pour autant. Je pense qu’elle en sera complexée désormais : elle l’a cherché toute la journée en vain. Mello était pris par d’autres émotions plus basiques encore.
A partir de ce moment je n’ai plus sur quoi faire : lorsque Mello était dans son nid, avec sa tête attachée à la porte, il dormait comme un chien mort : pas de contractions, ni de tremblements, aucun rêve. Je me demandais si je pourrais le garder en vie jusqu’au retour de ses propriétaires sans des mesures restrictives sévères. Mon mari m’a demandé pourquoi je devrais le faire. Il avait cessé d’être un chien, un animal, un compagnon. Aussi beau et issue d’aussi bonnes lignées qu’il était, il ne faisait plus partie des nos reproducteurs potentiels, ni même des chiens d’expositions. C’était devenu un tas de viande avec des réflexes et la forme d’un bull mince et trop musclé.
Le jour suivant il a plu à verses. J’ai gardé Mello à l’intérieur, en cage. Le soir il m’a fait pitié et je me suis dit que si je le sortais il se réfugierait dans le chenil et s’endormirait là à la tombée de la nuit, en espérant qu’il serait moins rassuré dans le noir et donc moins prédisposé à rester debout pour tourner. J’avais tord. C’est une erreur qui a mené à la décision finale.
Ce matin lorsque je suis allée nourrir Mello, j’ai cru qu’un coyote était entré dans le paddock avec lui. C’était très brumeux à cause de la pluie : j’ai vu une forme grise tremblotante voûtée dans un coin. Elle ne me regardait pas bien que je cognais la gamelle avec la cuillère comme d’habitude. Le blanc Mello était couvert de sable, excréments, de taches d’herbes. Il était dans un trou qu’il avait fait lui-même et avait éjecté la terre et le tabouret dans toutes les directions. Il avait dû tomber plusieurs fois. Maintenant il était debout, tremblait et ne me regardait pas. Lorsque je l’ai mis en laisse, il a sursauté, comme s’il sortait d’une anesthésie. Cela lui a pris beaucoup de temps pour arriver à la maison. Je l’ai mis dans sa cage et j’ai appelé ses propriétaires. Ils m’ont dit d’en finir avec son calvaire. J’ai appelé le vétérinaire. Je suis allée chercher Mello et je l’ai séché. Lorsque la boue est tombée j’ai vu qu’il s’était gratté les deux côtés de la tête, que ses yeux étaient gonflés et cachés dans la tête toute gonflée. Ses côtés et hanches avaient des plaies ouvertes. Ses pattes et coussinets étaient à vifs, ainsi que sa queue. Il était tout raide sous mes mains et pouvais à peine se lever. Mes gestes/paroles n’ont eu aucun effet, il ne m’entendait plus. Je l’ai porté jusqu’à la voiture et son seul mouvement fut de tordre son torse : mon dieu essayait-il encore de tournoyer ?
Il était allongé semi conscient sur le siège avant de la voiture pendant que je conduisais. J’ai caressé sa face battue. Lorsque je me suis garée et que je l’ai sorti de la voiture un garçon qui passait en vélo s’est arrêté pour regarder. Mello était dans mes bras, se raidissant et se ramollissant sans cesse. Le garçon m’a demandé s’il s’était fait renversé par une voiture... J’ai dit oui, j’ai emmené Mello dans le cabinet. Sur la table je l’ai mis en position confortable. Le vétérinaire lui a parlé. Mello n’a pas eu de réponse. Ses yeux étaient opaques. Le liquide est entré dans ses veines. Il a glissé de mes bras sans un bruit; c’est moi qui ai pleurnichée.
Voilà comment ça s’est passé de notre point de vue. Comment se sentait Mello, quelle est la cause de ce spinning, qu’est ce que cela lu procurait, qui le sait ? Il n’a jamais eu l’air détendu ou anxieux, ni même nerveux. A la fin il a dû endurer la douleur, la fatigue et l’anéantissement jusqu’à un point où cela a dépassé le « physique » pour devenir un état d’où il n’y avait aucune échappatoire. Si je n’ai pas fait le bon choix pour Mello, au moins ce fut rapide et compatissant. Son monde s’est arrêté, « pas dans un coup de feu, mais un sanglot » et ce sanglot fut le mien, pas le sien.

Jo Turley
Alberta, Canada
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